Les Visages

Publié le 24 Février 2010

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/6/2/9782355840265.jpgUne nouvelle fois j’étais toute à mon errance coutumière entre les étales de la librairie perdue que j’étais d’en avoir fini avec le froid, les gros manteaux, les appartements surchauffés et l’atmosphère maintenant familière des livres d’Arnaldur Indrisason et des méandres mentaux de son commissaire. La libraire, sûrement par dépit après avoir manifesté mon manque d’engouement à toutes ses suggestions par une moue découragée et décourageante, me mit entre les mains ce roman d’un geste assez convainquant et autoritaire.

 J’appris que c’était un roman policier arrivée à la page 93. Le mot « thriller » pourtant  écrit noir sur blanc, en gras, sur la couverture, sa sélection dans les 10 restants en lice pour le prix du polar du nouvel-obs officielle, je n’avais pas vraiment percuté. A 93ème, donc, l’auteur met les choses au clair «C’est un roman policier, je vous rappelle. », à la 96 plus de doute.

Parce qu’avant, en dehors des gargarismes de contentements d’un jeune marchand d’art au top de la localisation new-yorkaise de sa galerie, de ses affaires, de sa prétention, et la découverte de dessins format A4 abandonnés dans un cagibis dont le locataire a disparu et qui, mis bout à bout, forment une fresque de plusieurs hectares, rien ne m’avait interpellé. D’autant que, jusque là, l’auteur s’était fendu d’un petit interlude historique sur ce que l’on devine être les premiers pas sur la planète États-Unis de la famille d’Ethan Muller, notre fringant marchand d’art.

C’est alors que ça va mieux, on passe sur la caricature golden-boy-hip du héro, les références constantes d’artistes contemporains dont on aurait sûrement dû entendre parler, les interpellations maladroites que l’auteur nous lancent à la manière de volées de coude sur nos flans, là juste sous les côtes, où ça fait mal, pour se demander, nous aussi, ce que peuvent bien dissimuler, ou plutôt divulguer ces fameux dessins. Le visage des chérubins apparaissant sur le panneau 1 correspondent à celui de plusieurs enfants retrouvés morts près de 40 ans plus tôt. Malheureusement, McGrath, policier à la retraite et qui a exhumé l’affaire finit par succomber à son cancer, Ethan doit poursuivre les investigations seul, il ne sait comment. Nous, on a bien une petite idée puisque le malheureux a une fille, belle et procureur à New-York.

 

Entre saga familiale, disparition, homicides, et ambiance branchouille, on a l’embarras du choix pour se plaire. Malheureusement, à se vouloir pointu, très rythmé, le style, plutôt enflé, dessert une histoire pourtant prometteuse. A la longue, c’est lassant, voire agaçant, l’idée d’être contraint à trouver plaisant un livre où tous les fils possibles ont l’air d’avoir été utilisés pour un package imparable au succès, comme une recette de cuisine où il manque finalement le petit quelque chose qui nous fait préférer l’omelette de maman à celle de la mère Poulard.

Voilà, pas de quoi casser trois pattes à un canard.


"Les visages", Jesse Kellerman, Sonatine éditions, «««««

Rédigé par deparlà

Publié dans #les livres de par là

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La Nymphette 14/05/2010 16:31



Je garde ton article en bonne note pour quand je l'aurais lu! (c'est pê pas pour tout de suite, hein!)



deparlà 16/05/2010 23:22



ok, impatiente de lire tes impressions tout de même



La Nymphette 02/05/2010 16:23



hé bim! Pourtant le package avait marché sur moi, g même failli l'acheter en broché ;-)



deparlà 14/05/2010 15:15



alors évidemment il semble que je sois seule à faire le "bim", et ça me laisse perplexe. J'aimerais lire ton avis.



Alex-Mot-a-Mots 28/02/2010 16:00


Flute, moi qui l'avait noté en bonne place dans ma LAL. Mais je le lirai tout de même pour me faire une opinion.


deparlà 07/03/2010 09:44


et c'est ce qu'il y a de mieux à faire


valérie 26/02/2010 19:43


Oh la! On vient de se rencontrer (virtuellement) et déjà, je sens que ca part très mal entre nous:) 
D'abord, j'ai adoré Les Visages, un gros coup de coeur mais j'ai détesté l'Elégance du Hérisson et pas vraiment aimé Le Magasin Général. Allez, je suis sûre qu'on finira par tomber d'accord un
jour. En tout cas, merci de ton passage chez moi et à bientôt!


deparlà 27/02/2010 17:27


oui, là il y a divergence de vue, des lunettes?