LA TERRE QUI PENCHE de Carole Martinez

Publié le 5 Mai 2017

Après avoir lu Le Cœur cousu et Du Domaine des murmures c’est avec émotion, oui, que je me suis plongée dans La Terre qui penche. Car qui a lu Carole Martinez sait qu’un voyage dans le temps et un autre monde va nous emporter, un espace temps où les notions du réel et même de notre imaginaire perdront la tête.

 

Nous sommes au XIVème siècle, époque fort fort lointaine où mis à part les châteaux forts, les chevaliers, la guerre, les tournois et l’atmosphère sombre du Nom de la Rose d’Umberto Ecco, on a peu idée du contraste entre la pesanteur et la féérie de l’air du temps. Par l’intermédiaire d’une petite fille morte, on le sait très tôt, dans la prime adolescence et de sa vielle âme qui hante les pages à travers les ans, Carole Martinez nous conte une histoire, entre deux univers, le réel et la fable vers laquelle va son penchant.

Il est temps de marier cette encore enfant jusque là laissée à ses cavalcades et son caractère retord tant que discrétion et obéissance sont respectés envers un père peu aimant. Ils franchissent ainsi les limites du seul territoire connu de Blanche pour arriver au domaine des murmures dans la région de la Terre qui penche où au creux de la vallée coule la Loue. Tout d’abord réfractaire, la jeune fille va être séduite par la permission qui lui est offerte d’apprendre à lire et à écrire par un maître bienveillant, activité prohibée pour toutes les filles du château de son père, même si le prince des lieux promis pour ses noces se révèle avoir un esprit simple mais sensible. Courageuse, elle affronte la violence des mœurs et va entamer un chemin initiatique emprunt de féérie et de poésie. Dans cette histoire au souffle lyrique plusieurs personnages nous sont présentés dans leur complexité et tenus par un secret concernant Blanche.

Que dire de plus sinon de lâcher prise et succomber au talent enchanteur de l’auteur ?

Pour ne pas rompre le charme quand la fin est proche j’ai trainé plusieurs jours à lire les dernières pages et pourtant c’est là que tout se dénoue.

 

Très bonne lecture.

 

"L'enfant est un dévorant qui avalerait le monde, si le monde était assez petit pour se laisser saisir."

 

La Terre qui penche, Carole Martinez, 2015, folio

 

Rédigé par deparlà

Publié dans #les livres de par là

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