Publié le 12 Décembre 2009

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Je n’avais encore rien lu de Cormac McCarthy, je m’en souviendrais.

Comme je me souviendrais toujours de « La route », tant l’émotion ressentie à la lecture me bouleverse encore.

 

Le pire est arrivé, la peur de nos peurs s’est passée, la terre ne voit plus le soleil, ni la lune, seuls le froid et la pluie demeurent, les nuits sont noires comme on se l’imagine d’un tombeau.

Dans ce paysage de désolation, des hommes ont survécu. Ils errent jusqu’au bout de leur survivance.

Un homme et son fils marchent sur les routes, on ne sait pas d’où ils viennent ni où ils vont, dans le sud peut-être bien, pourquoi ? L’espérance peut-être bien.

Ce qu’il est advenu, on ne le sait pas, au fur et à mesure de la lecture on ne veut plus le savoir.

Ils sont en guenilles, maigres, sales, mais ils avancent. Ce sont des « gentils », se gardent bien des méchants et marchent au jour le jour tant qu’ils peuvent trouver à manger, se réchauffer, ne pas mourir et marcher.

 

Voilà, c’est en gros l’histoire. Elle porte à réflexions.

 

Le petit a toujours peur, tout est dangereux, les autres, et nous aussi on a peur, c’est l’angoisse, la tristesse, l’horreur.

 

J’ai souvent pensé laisser tomber, trop triste pour un petit cœur sensible . Pis non, le point de non retour atteint il a bien fallu que j’aille voir comment il a terminé son histoire, tant qu’à pleurer autant le faire jusqu’à la lie, même si je me doutais bien qu’il n’y aurait pas de happy end mais peut-être un peu l’illusion de l’espoir ?

 

« Personne ne veut être ici et personne ne veut partir. Il leva la tête et regarda le petit de l’autre côté du feu. Puis il regarda l’homme. L’homme voyait ses petits yeux qui l’observaient à la lueur des flammes. Dieu sait ce que voyaient ces yeux. Il se leva pour remettre du bois sur le feu et écarta les braises des feuilles mortes. Les étincelles rouges s’élevèrent en frémissant et s’éteignirent là-haut dans le noir. Le vieillard but le reste de son café et posa le bol devant lui et se pencha, les mains tendues vers la chaleur. L’homme l’observait. Comment saurait-on qu’on est le dernier homme sur terre ? dit-il.

Je ne crois pas qu’on le saurait. On le serait, c’est tout.

Personne ne le saurait.

Ça ne ferait aucune différence. Quand on meurt c’est comme si tout le monde mourait aussi.

Je suppose que Dieu le saurait. N’est-ce pas ?

Il n’y a pas de Dieu.

Non ?

Il n’y a pas de Dieu et nous sommes ses prophètes. »

 

Pas de nom, ni pour les lieux, ni pour les hommes, à peine si on arrive à suivre qui parle, ça n’a plus d’importance.

 

J’ai explosé mon budget kleenex.



La Route - Bande-Annonce / Trailer [VF]


"La route", Cormac McCarthy, Prix Pulitzer 2007, points 2009

Adaptation cinéma Réalisé par John Hillcoat, avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce, sortie le 2 décembre 2009.

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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Publié le 9 Décembre 2009

Récemment j'ai constaté que le cinéma pouvait encore relever du domaine du spectacle !

... même avec des millions, des milliards (combien sommes-nous déjà sur cette terre ?) de sacrifiés sur l'hôtel du genre catastrophe

... même avec une histoire ... heu, ... ben, assez cucu, déjà vu, avec laquelle le jeu est de parier sur celui qui mourra ou/et celui qui ne peut pas mourir, un classique des scénarios américains du genre

... même avec une durée de film avoisinant les 3 heures !!!

S'il y a bien un truc que l'on n'a pas vu passer c'est bien le temps,
dont on s'en fout, c'est l'histoire, enfin presque
pi, ben, pour les morts, y a pas de sang, d'horreur gore, on n'est pas traumatisé, c'est bon, bien installé dans le fauteuil on peut s'en prendre plein les mirettes et je n'ai pas été déçue.
Les effets sont effectivement très très spéciaux, remarquablement spéciaux, c'est simple j'avais rien vu de pareil, jusqu'à la prochaine fois ...





2012, Réalisé par Roland Emmerich, avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, «««««

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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #des films sur le chemin

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Publié le 5 Décembre 2009

« Maman est morte, je suis maman, voilà, c’est simple … »


Pas tout à fait.


Justine Lévy témoigne ici d’évènements forts dans une vie, la mort de sa mère et la naissance de son enfant, comme s’il y avait une corrélation dans cette dualité et ce n’est pas si simple bien sûr.

 

Est-on une mauvaise fille quand on a eu une mauvaise mère ?

Et cela condamne-t-il à devenir une mauvaise mère à son tour ?

 

C’est Louise qui raconte, Justine donc.

Elle accompagne, soutient, aide sa mère, Alice, atteinte d’un cancer que l’on comprend vite vainqueur au bout du compte, en consultation chez Toubib qui fait bien attention de ne pas imprégner sa rétine de la silhouette encore vivante là devant lui, aux séances de chimio, à l’hôpital Saint-Louis, jusqu’au cimetière.

 

C’était quelqu’un Alice, avant, quand Justine était petite. Longues jambes, la classe, sublime et sublimée, déjà shootée à d’autres drogues, attentionnée et altruiste à ses causes. Sa fille en est-elle une ? Alice oublie sa fille à l’école, chez elle, celle-ci ne dit rien. Louise, plus jeune, n’a de cesse de tout encaisser, des fois qu’un peu d’amour, une miette, ne vienne mourir à ses pieds. Les années ont renversé la vapeur.

 

Louise-Justine est enceinte pendant qu’Alice se meurt, mais comment lui annoncer ?

 

Dans l’épreuve, les souvenirs et leur ressenti refont surface, bien plus profondément et, on le devine, plus douloureusement que ça nous l’est raconté. Car, malgré la gravité du thème abordé associée à son état de femme enceinte, Justine Lévy nous livre ses sentiments sans pathos ni condescendance. Le style est vif et énergique, apportant la légèreté nécessaire au récit.

Le livre se lit avec émotion et reconnaissance, il n’est pas commun de lire des mots enfin posés sur le ressenti intense et douloureux de telles situations, mais aussi sur le témoignage de l’amour d’une fille à sa mère, sans pour autant entendre la chanson du Titanic et fondre en larme toutes les 2 lignes.

 

« Maman pas malade me manque. Maman à qui parler. Maman avec qui rigoler. Maman avec qui affiner ma théorie des prénoms, et ma science des hématomes rétroplacentaires, et si c’est pas trop tard d’arrêter de fumer, et de boire, et de prendre des avions qui ne servent à rien. Ce n’est plus vraiment maman, cette chose, là, reliée à ces tuyaux. Cette maman qui ne sort plus de son lit. Qui bave ses repas. Qui avale ses bridges. Qui chie dans ses draps. Mais qui est vivante. Encore. Quand même. Être vivante, maintenant, pour maman, ce n’est plus aimer, ce n’est plus mentir, rire, faire l’amour, écouter sa petite Louise lui raconter ses petites histoires, c’est juste respirer, essayer de trouver de l’air entre deux tuyaux, entre deux quintes, être vivante c’est chercher de l’air, ne pas le trouver, se faire aider, souffrir, ou peut-être même pas, qui sait ? Combien de temps peut-on vivre cette vie-là ? Combien de temps on peut tenir ? Je retiens ma respiration moi aussi, solidarité, c’est tout ce que je peux faire, je suis comme les maris aux séances de préparation à l’accouchement, expirez monsieur, expirez, gonflez bien les poumons, voilà, merci, …/… »

 

« Le ciel ne pouvait pas mourir. Ni la lune. Ni maman. Si maman meurt, je me disais, alors c’est que les bateaux peuvent voler, les chats pleurer, les maisons chanter à tue-tête. Pas possible. »

"Mauvaise fille", Justine Lévy, Stock, 2009 , «««««

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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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