Résultat pour “Agatha Christie”

Publié le 2 Décembre 2010

 

 

Lire, la revue littéraire, a publié le 12 novembre 2010 un hors-série dédié à "une femme fatale" (sous titre-t-il, trait d'humour tout british, humpf, je me gosse encore!) : Agatha Christie !

  

Comme beaucoup de témoignages de lecteurs, prestigieux auteurs contemporains en vogue par ailleurs, je suis une aficionados depuis mes douze ans. J'ai dévoré ses intrigues principales comme aujourd'hui les ados se jettent sur Harry Potter. Pour le reste, le cinéma et la télé se sont chargés de parfaire ma culture christienne.

Je me replonge régulièrement dans quelques unes des enquêtes d'Hercule Poirot, quand un temps maussade ou une santé malmenée me cloue au coin du feu avec les sinus obstrués, voyez ? Mon dévolu se jette aux côté des petites cellules grises de Poirot dont les travers mégalomanes supérieurs n'arrivent jamais à m'agacer autant que le bruit des aiguilles à tricot de cette fouineuse de Miss Marple.

En l'occurrence, on apprend ici que l'apparition de cette vieille dame avait justement à voir avec les stéréotypes un peu trop prononcés et envahissants du détective belge aux yeux de la reine du crime. Heureusement, elle ne se décida pas à lui réserver un sort définitif, enfin pas trop prématurément (il y passera tout de même dans "Hercule Poirot quitte la scène", rien que d'y penser la goutte me revient au nez). Hercule Poirot reste The number One parmi tous les autres enquêteurs qu'elle a pu imaginé, et il y en eût !

 

Tout ça nous est bien détaillé.

 

La biographie de l'auteur est dressée dans les grandes et principales lignes, son oeuvre exposée, décortiquée et remise dans le contexte. La dame à su mettre à profit les turpitudes de son époque et de sa vie pour enrichir ses intrigues et entretenir un certain mystère sur la sienne comme nous le révèle "Une mystérieuse disparition", article qui traite de la disparition momentanée d'Agatha Christie, coup du sort ou coup de pub ? étrange.

 

Pour les ignorants finalement, comme moi, des motivations et de la vie d'Agatha Christie cet hors-série numéro 11 (pour les collectionneurs) se montre instructif et passionnant.

 

L'interview de son spécialiste universitaire John Curran vaut son petit pesant d'or.

 

Le descriptifs des principaux personnages apparaissant dans plusieurs des enquêtes est précieux et souligne dans l'oeuvre l'importance notamment d'Ariadne Oliver à travers qui Agatha Christie semble s'être le plus transposée.

 

"Car Ariadne Oliver, c'est surtout l'alter ego parodique d'Agatha Christie. Laromancière a su lui insuffler ses propres réflexions sur l'écriture, ses doutes, ses regrets, ou encore ses colères vis-à-vis de certains de ses personnages. Les déboires répétés d'Ariadne avec son détective de papier, le Finlandais Sven Hjerson, ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les propres griefs d'Agatha Christie contre Poirrot ! On retrouve également chez Ariadne Oliver des détails plus intimes, tels que sa manie de changer régulièrement de coupe de cheveux ou sa passion pour les pommes, consommées avec appétit à chacune de ses papparitions... "

 

On y revient p79 quand il s'agit de percer le mystère "Agatha" dans le décryptage "L'autre Agatha".

 

Il est aussi question dans l'article "Voyage dans le noir" d'opposer la productin policière de l'auteur aux nouvelles vagues du roman policier, une idée bizarre vouée à ringardiser la reine du crime ? comme si lire Elizabeth George, Harlan Coben ou Stieg Larsson interdisait de revenir aux fondamentaux , sont fous ou biens ?

 

Je ne saurais donc trop conseiller de consulter cet opus qui donne envie de repartir faire un petit tour dans cette époque peu exploitée de l'entre deux guerres au côté de Poirot !

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Rédigé par deparlà

Publié dans #sous le sabot d'un cheval

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Publié le 23 Mai 2009

Quand lire on ne sait plus quoi, quand même l'envie est restée en vacances bien  qu'on soit rentré et que, tout de même !, avec ou sans, ce que les toiles nous proposent et bien les livres nous ont toujours sauvé la life, qu'est ce qu'on fait?

Ben auteurs de jeunesse, madeleine de Proust, nutella et topset !

 

Voilà que "la troisième fille" je ne l'ai jamais lu, avec Hercule dedans (l'effet kiss cool!), ses petites manières, ses petites manies, ses petites ironies, sa petite vanité, ses petites cellules grises quoi, c'est pas du bonheur ça ?

Si.

 

Même si ce n'est pas non plus son best en la matière, c'est de toute façon comme retourner chez soi après une longue absence, retrouver de vieux amis, une référence qui si elle ne culmine pas à 3000 nous emmène faire un tour.

 

Poirot s'est en quelque sorte retiré des affaires,

a pris sa retraite.

Mais, rien à faire, c'est l'ennui

d'autant que son brain-master tient la forme,

il s'occupe donc comme il peut, là il vient de terminer un essai sur les romans policiers qui le contente grandement.

Une jeune femme se présente chez lui et s'accuse d'un meurtre, enfin dans les proportions du plus que peut-être.

Le considérant trop vieux, elle repart sans plus de précision sur cet aveu, son nom ni rien.

De quoi électriser et stimuler au dernier degré la matière grise de ce cher détective.

Epaulé par Mme Oliver, une romancière de ses amis, il retrouve la jeune femme et mène l'enquête sur ce meurtre sans cadavre.

La galerie de personnage s'étoffe à souhait, les possibilités se multiplient, la logique se floute et les questions se posent jusqu'aux ultimes conclusions comme il est d'usage.

 

Une lecture agréable et plaisante donc, comme une petite musique qui calme les humeurs sans rien demander de plus.

La Troisième fille, Agatha Christie, première publication 1966 (Third girl), Éditions Le Masque, novembre 1999, «««««

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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Publié le 29 Août 2009

"Que de remous dans ce pensionnat de jeunes filles renommé qu'est Meadowbank : des professeurs y trouvent la mort dans des circonstances qui dépassent l'entendement.
Le coupable est-il un sadique, ou un membre du personnel ? Les crimes sont-ils liés à la présence d'une jeune princesse orientale ? Y a-t-il une corrélation entre eux et un certain petit paquet de grande valeur qu'on n'arrive pas à retrouver ?

Source : Club des masques"

 

"Le plus anglais des milieux anglais : Meadowbank, collège très snob qui accueille les jeunes filles du gratin londonien, de la gentry du Commonwealth et de la crème des Émirats.
  Dans cet univers si distingué, clochent quelques menus détails. À commencer par l'arrivée d'un jardinier beaucoup trop jeune et d'une tournure bien trop élégante. Ce qui est encore plus choquant, c'est l'assassinat du professeur d'éducation physique.

  Comme il a beaucoup été question d'un petit sac de pierres précieuses, que l'une des pensionnaires est une princesse orientale, que Scotland Yard et l'Intelligence Service s'intéressent à Meadowbank, on peut se demander si les pierres n'ont pas pris le chemin du collège. Alors, alors... il n'y a que Poirot qui puisse percer tant de mystères.


Source : livre de poche"

 

Un classique du genre donc, un incontournable, blindé des stéréotypes fondateurs du snobisme anglais dans lesquels nage tel un baleineau à moustache l'irrésistible (mon idole) Poirot.

Le fait que dans cette histoire il n'intervienne qu'en troisième partie du livre accroit l'intérêt envers les personnages et tend à laisser la situation hors de contrôle même si Miss Bulstrode, la directrice du collège plus que select, semble ne jamais se dépourvoir de son sang froid. Une construction originale et intéressante pour cette histoire qui se révèle très prenante et d'envergure.

Il est à noter que dans la saison 11 de la série tv des "hercule poirot" les scénaristes le font intervenir dès le début pour des raisons évidentes d'appâtage de client (?), enfin je pense. La qualité de l'interprétation des acteurs et de la réalisation sauvent cet épisode qui sur le papier était tout de même plus prometteur.

4.0 étoiles sur 5, publication originale "Cat among the pigeons", 1959.


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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Publié le 15 Avril 2010

Le nouveau William Boyd « Orages ordinaires » vient d’être traduit, en inconditionnelle : se jeter dessus je dois.

 

 

C’est l’histoire d’un encore jeune climatologue venu des États-Unis se dégoter un poste à Londres. Il est encore un peu tôt quand il se rend dans ce restaurant italien pour satisfaire la fringale qui l’a submergé à la sortie de son entretien d’embauche. Qu’importe, le restaurant est ouvert et un autre homme est lui aussi assis à une table proche de la sienne.

 

 

Cet homme, Philip Wang, va changer sa vie.

 

 

La conversation s’engage et Wang lui donne ses coordonnées avant de quitter l’établissement. Adam, dont l’invitation de Wang laisse dubitatif, se décide, l’homme a oublié un dossier sur une chaise, autant lui rapporter.

 

 

Dans la chambre près du corps sanguinolent de Wang qui vient d’exhaler son dernier souffle, Adam Kindred doit faire un choix. Sa présence et les bruits dans l’appartement de la victime, son agression par un homme au bas de l’immeuble et la police vont l’amener à faire celui de la clandestinité. Se faire oublier dans une ville telle que Londres semble la meilleure des solutions pour échapper à ses poursuivants. Il suffit d’abandonner le portable, la carte de crédit et tout ce qui pourrait le rendre visible via une liaison satellite. Un terrain vague oublié près du fleuve, la mendicité, une église charitable distribuant des repas, un nouveau nom, Adam s’efface du monde.

 

En marge de cette disparition programmée, William Boyd travaille plusieurs personnages :

 

 

          -      Ingram à la tête d’une société pharmaceutique voit son entreprise lui échapper et les démangeaisons irrépressibles apparues en même temps que ces petites taches de sang sur l’oreiller n’arrangent rien à ses contrariétés.

 

 

-      Rita, rigoureuse et intègre, vient d’intégrer la brigade fluviale, elle s’occupe de son père à l’esprit très soupe au lait.

 

 

-      Jonjo, ancien soldat dans les commandos spéciaux de l’armée, s’est converti en une sorte de mercenaire civile, il n’abandonne jamais.

 

 

-      Mhouse et Ly-on, Vladimir, Turpin, et autres compagnons d’infortune d’un Adam qui se révèle rusé comme un renard.

 

 

  

Comme à son habitude, William Boyd sait nous séduire avec une galerie de portraits toujours très soignés, une mosaïque à première vue disparate qui, au fil de l’histoire, s’harmonise efficacement, chacun apportant sa pièce au puzzle.

 

 

Il nous amène à découvrir un autre monde, parallèle, celui des exclus du système A, de la débrouille, d’autant plus vaste qu’il se trouve à Londres, une ville qui s’étend plus par sa surface que par sa hauteur, le londonien étant un être pavillonnaire, il a le vertige et les immeubles y restent moins nombreuses que dans d’autres capitales. Le ton reste léger même s’il apparaît ici ou là les réalités scabreuses qu’un tel sujet soulève. La violence côtoie la solidarité.

 

L’anonymat est garanti et si Adam ne commet aucune maladresse ou ne se soumet à aucune tentation ça peut durer quelque soit l’acharnement de ceux qui le recherchent. Mais voilà, rien n’est éternel, Adam est bien placé pour le savoir.

 

 

Illustration :

 

 

« Si vous ne téléphoniez pas, ne régliez aucune facture, n’aviez pas d’adresse, ne votiez jamais, n’utilisiez pas de carte de crédit ni ne tiriez d’argent à une machine, ne tombiez jamais malade ni ne demandiez l’aide de l’État, alors vous passiez au –dessous du radar de compétence du monde moderne. Vous deveniez invisible, ou du moins transparent, votre anonymat si bien assuré que vous pouviez vous déplacer dans la ville – sans confort, certes, plein d’envies, oui, prudemment, bien sûr – tel un fantôme urbain. La ville était remplie de gens comme lui, reconnaissait Adam. Il les voyait blottis dans les embrasures de porte ou écroulés dans les parcs, mendiant à la sortie des boutiques, assis, effondrés et muets, sur des bancs. Il avait lu quelque part que, chaque semaine en Angleterre, six cents personnes environ disparaissaient – presque cent par jour -, qu’il existait une population de plus de deux cent mille disparus dans ce pays, de quoi peupler une ville de bonne taille. »

 

 

 

Encore une fois, William Boyd nous a concoctés un roman complet, original et captivant, non-dénué de théories novatrices et intéressantes tout en entretenant le petit sourire en coin face à la pertinence de ses réflexions :

 

 

« Monseigneur Yemi se tut pour contempler son maigre auditoire comme pour y trouver un peu d’encouragement, un peu de ferveur.

 

 

        « Imaginez, imaginez que vous être John, le vrai Christ, et que les Romains se rapprochent avec leurs épées et leurs lances. Que faire ? C’est alors que votre disciple, Jésus, le fils du charpentier, s’avance. « Seigneur, dit-il, laisser-moi prétendre que je suis le Christ – je le fais pour la Cause. Pendant qu’ils m’arrêtent et me torturent, vous pouvez vous échapper, pour continuer la lutte, répandre la Parole. »

 

Monseigneur Yemi marqua une pause puis reprit : « C’est un superbe plan, répondit John. Jésus est fait prisonnier, il meurt sur la Croix, les Romains pensent tenir leur homme. Entre-temps, John s’enfuit dans l’île ensoleillée de Patmos où il écrit l’Apocalypse. Tout y est – lisez le livre de John. Seul le véritable Christ peut avoir écrit ce livre. Seul le véritable fils de Dieu ! »

 

C’est une théorie très intéressante, pensa Jonjo, assis au premier rang, bardé d’un badge JOHN 1794 sur sa poitrine. Pleine de bons sens. Brave type ce mec Jésus, pour se sacrifier ainsi. Ca doit aider aussi pendant qu’on est pendu sur cette croix, pieds et mains cloués, de savoir que le chef s’est échappé et a semé tout le monde. »

 

Le coup de l’île grecque évidemment met un terme salvateur à toute tentative de récupération.

 

 

 

Le style, comme le suggère cet extrait, se maintient le plus souvent à fleur de dérision.

 

 

 

Cependant, il s’avère qu’à ses derniers romans, « A livre ouvert », « La vie aux aguets » (ici) ou encore celui-ci, mes préférés restent « Comme neige au soleil » (ici), « Un anglais sous les tropiques » et surtout « Brazzaville Plage », le premier que j’ai lu de la maintenant longue liste de ses publications. Peut-être est-ce dû à un petit plus correspondant au mariage réussi entre l’aventure et le voyage, les turpitudes historiques et le dépaysement, qui sait ?

 

 

 

Quoiqu’il en soit, « Orages ordinaires » s’avère être un délicieux moment de lecture.

 

 

 

" Orages ordinaires ", William Boyd, Seuil avril 2010, «««««

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Rédigé par deparlà

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