Publié le 29 Août 2009

"Que de remous dans ce pensionnat de jeunes filles renommé qu'est Meadowbank : des professeurs y trouvent la mort dans des circonstances qui dépassent l'entendement.
Le coupable est-il un sadique, ou un membre du personnel ? Les crimes sont-ils liés à la présence d'une jeune princesse orientale ? Y a-t-il une corrélation entre eux et un certain petit paquet de grande valeur qu'on n'arrive pas à retrouver ?

Source : Club des masques"

 

"Le plus anglais des milieux anglais : Meadowbank, collège très snob qui accueille les jeunes filles du gratin londonien, de la gentry du Commonwealth et de la crème des Émirats.
  Dans cet univers si distingué, clochent quelques menus détails. À commencer par l'arrivée d'un jardinier beaucoup trop jeune et d'une tournure bien trop élégante. Ce qui est encore plus choquant, c'est l'assassinat du professeur d'éducation physique.

  Comme il a beaucoup été question d'un petit sac de pierres précieuses, que l'une des pensionnaires est une princesse orientale, que Scotland Yard et l'Intelligence Service s'intéressent à Meadowbank, on peut se demander si les pierres n'ont pas pris le chemin du collège. Alors, alors... il n'y a que Poirot qui puisse percer tant de mystères.


Source : livre de poche"

 

Un classique du genre donc, un incontournable, blindé des stéréotypes fondateurs du snobisme anglais dans lesquels nage tel un baleineau à moustache l'irrésistible (mon idole) Poirot.

Le fait que dans cette histoire il n'intervienne qu'en troisième partie du livre accroit l'intérêt envers les personnages et tend à laisser la situation hors de contrôle même si Miss Bulstrode, la directrice du collège plus que select, semble ne jamais se dépourvoir de son sang froid. Une construction originale et intéressante pour cette histoire qui se révèle très prenante et d'envergure.

Il est à noter que dans la saison 11 de la série tv des "hercule poirot" les scénaristes le font intervenir dès le début pour des raisons évidentes d'appâtage de client (?), enfin je pense. La qualité de l'interprétation des acteurs et de la réalisation sauvent cet épisode qui sur le papier était tout de même plus prometteur.

4.0 étoiles sur 5, publication originale "Cat among the pigeons", 1959.


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Rédigé par lechemindeparlà

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Publié le 7 Août 2009

" À quinze ans, Michaël fait la connaissance d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain.

Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée.

Il la revoit une fois, des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres?". "


… cette énigmatique quatrième de couverture, la photo de Ralph Fiennes en prime, j'embarque le bouquin sur la plage bien loin de penser ce que j'allais y trouver. Je ne cherchais rien de spécial d'ailleurs, juste une bonne histoire qui engloutirait dans l'ombre mes voisins plagistes pour un certain temps. Ce fût chose faite !


Comment imaginer, hormis l'histoire d'amour annoncé, se retrouver dans les méandres d'une Allemagne prise dans les affres d'une histoire peu glorieuse, de la honte, la culpabilité, de la justice, plusieurs années après la guerre quand la nouvelle génération fustige celle de la guerre. Le malaise allemand est palpable.


"En même temps, je me demande, et je commençais déjà à me demander à l'époque ce que devait, ce que doit faire en vérité ma génération, celle de gens vivants à une époque ultérieure, des informations sur les atrocités de l'extermination des Juifs. Nous ne devons pas nous imaginer comprendre ce qui est inconcevable ; nous n'avons pas le droit de comparer ce qui échappe à toute comparaison ; nous n'avons pas le droit de questionner, car celui qui le fait, même s'il ne met pas les atrocités en doute, en fait néanmoins un objet de communication, au lieu de les prendre comme une chose devant laquelle on ne peut que s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité ? À quelle fin et jusqu'à quel terme ? Non que le zèle qui m'avait poussé à participer à ce séminaire, pour affronter et élucider le passé, se soit tout simplement perdu au cours de procès. Mais enfin l'on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c'était tout ?"


Car Hanna affronte ses juges, accusée de ces horreurs au récit insoutenable, que les témoins, l'auditoire, tous supportent.

Michaël, alors étudiant en droit, ne rate aucun jour du procès. Au-delà du souvenir de son amour, les mystères entourant la personnalité d'Hanna dont il s'accommodait à l'époque semblent détenir la clef de sa perte.


L'auteur, par le biais d'une romance, ne manque pas de nous interpeller sur les dommages d'une histoire, particulièrement en Allemagne, qui ne s'est pas arrêtée le jour de la libération, pose des questions sur l'impossibilité à l'assimiler et continue de meurtrir des générations qui n'en ont pourtant pas été les acteurs.


"Le liseur", Bernhard Schlink, Gallimard 1996, folio 1999, 4/5

           


Le film "The Reader" de Stephen Daldry avec Kate Winslet et Ralph Fiennes est sortie le 15 juillet 2009 (pas vu).

               

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Rédigé par lechemindeparlà

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Publié le 6 Août 2009

Enchanté l'été dernier par la lecture de "Ouest" (http://lectaritude.over-blog.com/article-21291559.html) j'ai réitéré cette année avec celle de "Groom" même si entre temps "L'incendie du Chiado" m'est tombé des mains, trop lourd, bizarre. Pourtant c'est bien le bizarre qui accroche dans les romans de François Vallejo, le décalage de ses personnages.

Dans "Groom", la bizarrerie se situerait plus au niveau de la situation de départ, l'annonce à Véra par les surveillants du centre Pompidou d'un grave malaise survenu chez son mari, il en serait même mort, … puis ressuscité. L'occasion pour l'auteur de nous faire partager son idée sur les musées, l'art moderne, leur surveillance et les visiteurs :

 

"Les agents de surveillance, dans ce musée, seraient eux-mêmes invisibles s'ils n'allaient par paires, un discret rectangle Centre Pompidou épinglé sur la poitrine, plus ou moins masqué par un gilet ou un revers ;  pas de ces uniformes rassurants qui faisaient des musées, autrefois et dans quelques endroits encore, des prisons artistiques. Ici, le gardien a presque l'allure d'un visiteur comme les autres, nonchalant et bavard."

 

"Dans un musée, vie et mort ne se distinguent pas si facilement : artistes morts, œuvres vives, ou l'inverse. Les œuvres d'art semblent classées, des conservateurs y veillent, c'est pourtant la confusion complète : qui est vivant, qui est mort, qui est ressuscité ? Des foules de visiteurs se promènent jour après jour, nonchalantes et bavardes comme des agents de surveillance, pour contempler des valeurs établies, en réalité les plus instables des valeurs."

 

"Le caractère scandaleux de l'Art moderne est éventé depuis longtemps. Il est toutefois possible de se rendre au musée sans intention de le visiter. Admirer des œuvres d'art, c'est peut-être la dernière motivation des visiteurs des musées ? Une visite, c'est une distraction reconnue, comme le vélo ? Ou alors, on vient chercher le calme, comme on irait en forêt, mais en ville ? La pénombre, comme dans une église, mais profane ? La discrétion ? On y organise des rendez-vous, des rendez-vous secrets évidemment ?"

 

Antoine, un malaise, mort puis ressuscité, est pourtant rentré à la maison ce soir là. Véra n'a rien osé lui demander.

 

De questionnements en interrogations l'écheveau du mystère prend du mou faisant place aux destins cabossés, souvent solitaires, de personnages fouillés, pour certains burlesques, dont la volonté à se tricoter une place honorable sinon ordinaire avec une vie pourtant mal engagée semble devoir être un pis-aller au bonheur.

 

Le style nous garde du mélodrame et des trémolos, le ton souvent ironique préserve une lecture agréable. Un très bon roman donc qui m'a réconcilié avec l'auteur (après "L'incendie au Chiado") dont il me reste à découvrir "Le Voyage des grands hommes" malheureusement pas encore en poche.

"Groom", François Vallejo, Viviane Hamy septembre 2003, Point avril 2009,
3/5

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Rédigé par lechemindeparlà

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