"Un brillant avenir", Catherine Cusset

Publié le 11 Février 2009

 

 

Le brillant avenir d'Elena en Bessarabie puis en Roumanie sous Ceausescu, ce sont d'abord ses parents qui le façonnent par une éducation sévère et des études imposées de physique nucléaire. Puis, lors d'un bal en 1958 où elle rencontre l'homme de sa vie, elle décide de se prendre en main. Jacob est juif, ses parents s'opposent à leur union. Elena l'épouse et s'arrange d'abord des griefs antisémites de mise en Roumanie. Parents d'un petit Alexandru, ils décident de se soustraire au régime communiste et ségrégationniste en fuyant le pays pour émigrer aux États-Unis afin, à leur tour, de réunir toutes les conditions favorables d'un brillant avenir pour leur fils. Mais, comme autrefois Elena, leurs attentes se heurtent aux choix personnels d'Alexandru. Marie, leur belle fille, entre dans leur vie malgré eux. Les tensions se cristallisent,  les éducations s'opposent.

Ce ne sont pas les thèmes traités ici (quotidien dans les pays de l'Est après la guerre, passage à l'Ouest, les conséquences des tensions israélo-palestiniennes en Israël dans les années 60, les tensions belle-mère/belle-fille) qui donnent l'originalité à cet ouvrage mais sa construction. Le récit se décompose en chapitres auxquels correspondent plusieurs années de la vie d'Elena qui ont un ordre propre à lui-même et non chronologique, procédé souvent pénible à lire et qui apporte peu aux histoires sinon à noyer le poisson la plupart du temps. Ici, au contraire, il se découpe comme un puzzle, les pièces aimantées venant s'imbriquer comme sous l'influence de forces issues d'un champ électromagnétique, apportant un rythme propre au récit. Le résultat fonctionne de façon très efficace, la lecture, en plus du style fluide et sobre, en devient obstinée.

Un prix Goncourt des collégiens millésime 2008 en demi-teinte, sa lecture réserve un moment agréable mais il manque comme quelque chose qui la rendrait passionnante, quoi? C'est peut-être bien là que se cache le génie. On est sans doute exigeant quand il s'agit  de lire un livre qui a été couronné par un prix, trop?

"Quand elle rouvre les yeux, il est quatre heures vingt. La pièce est silencieuse. Quelque chose a dû la réveiller La chasse d'eau peut-être. Elle aussi a envie d'aller aux toilettes. Elle a du mal à s'extirper de son lit gonflable au niveau du sol et à se lever. Elle met ses chaussons. En sortant de la salle de bains, elle entre à pas de loup dans la chambre. Les meubles blancs se distinguent nettement dans la pénombre. La température s'est rafraîchie. Jacob a repoussé la couverture et dort découvert. Comme si tous ses maux ne suffisaient pas, il va attraper un rhume. Elle s'approche, attrape la couverture et le recouvre. Il ne peut vraiment rien faire sans elle. Même pas dormir. Elle s'éloigne quand la pensée l'effleure que le visage de Jacob est étonnamment blanc. Elle se retourne brusquement et s'avance vers le lit. Elle pousse un cri.
 Il y a un sac en plastique sur sa tête."
 
"Un brillant avenir", Prix Goncourt des lycéens 2008,
Roman France,
Gallimard, août 2008,  «««««





Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Anjelica 29/09/2009 11:31


Pas aimé, 'le problème avec Jane' alors je passe.