LE LAGON NOIR, Arnaldur INDRIDASON

Publié le 27 Mai 2017

 

 

On pourrait en discuter des heures, Arnaldur Indridason n’est jamais aussi talentueux que lorsqu’il concocte une enquête pour son inspecteur de prédilection Erlendur dans sa cuisine.

C’est le cas ici même si l’enquête se déroule à l’époque où il est jeune inspecteur sous la houlette de Marion, son mentor évoqué dans les livres précédents.

 

Le corps d’un jeune homme est retrouvé flottant dans un des petits lacs constituant le lagon bleu, eaux dont les remontés des profondeurs volcaniques de l’Islande apportent un apaisement physique quand on s’y plonge et mental par la beauté du site. Pour le coup, pas de miracle et pour cause, le cadavre est en bouilli s’avérant rapidement avoir été victime d’une chute vertigineuse et meurtrière. Son identité et sa fonction orientent l’enquête vers la base aéronautique américaine encore en place lors de ces années 70, source de mécontentements dans la société islandaise et où se trouvent des hangars à la taille démesurée, capables d’accueillir des avions cargo et qui dit cargo dit marchandises, armes ou autre …

L’investigation s’oriente sur les pistes d’espionnage, de trafic et personnelles.

 

Parallèlement, Erlendur s’intéresse à une autre disparition beaucoup plus ancienne, celui d’une jeune fille suite à la lecture de la rubrique nécrologique du père de la disparue. Il est d’usage en Islande, enfin du moins à l’époque, pour les proches d’écrire un petit texte à la mémoire du défunt. Quelque chose de plus personnel que ce que l’on connaît chez nous. L’adolescente n’a plus donné signe de vie depuis 25 ans alors qu’elle se rendait à ses cours. La tâche est ardue et les pièces du puzzle s’imbriquent males ou sont perdues.

 

Il y avait bien longtemps que je ne m’étais pas autant régalée à la lecture d’un nouvel Indridason. Je dois bien avouer que Betty, Le Duel et Opération Napoléon me sont tombés des mains. Je n’y ai pas retrouvé cette sensibilité et cette humanité déployées dans les livres où apparaît Erlendur. Peut-être est-ce dû à la construction du personnage insufflée avec mesure sur plusieurs livres lors d’enquêtes remarquables (La Cité des Jarres, La Femme En Vert !!!, La Voix, L’Homme du Lac, …). Le Lagon noir leur arrive peut-être difficilement à la cheville mais on y retrouve cette atmosphère particulière et propre à ces enquêtes islandaises menées par Erlendur, il constitue un nouvel élan, un pied d’appel pour le prochain qui espérons le sera tout à fait à la hauteur.

 

Le Lagon Noir, Arnaldur Indridason, chez Points

 

LE LAGON NOIR, Arnaldur INDRIDASON

Rédigé par deparlà

Publié dans #les livres de par là

Repost 0
Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 29/05/2017 14:33

Ce que tu dis de cet opus me tente, car je me suis un peu lassé de cet auteur.

deparlà 30/05/2017 17:45

difficile de se renouveler pour ces auteurs avec un personnage récurrent