Publié le 8 Juin 2009

Je suis tombée dessus par hasard, un hasard un chouille orienté par le libraire qui l'avait placé sur l'étal de sorte qu'il attire l'œil aidé dans sa stratégie marketing par la couverture dont les éditions NiL peuvent s'enorgueillir.


Bref, je tâte le fruit et m'aperçois que sa forme est épistolaire, assez rare pour un roman plus conforme pour les récits ou témoignages biographiques. Un bref coup d'oeil sur la quatrième de couverture (dont, on est d'accord, on ne se méfie jamais assez) et je suis mûre pour la caisse. Lorsque j'aperçois, sur un autre exemplaire le bandeau ""Absolument délicieux." Anna Gavalda"!


J'hésite.


Non pas que je repousse l'idée qu'Anna Gavalda, que je n'exècre pas, bien au contraire, quoique que "La consolante" m'était tombé des mains tel une plume se métamorphosant en enclume digne des plus belles pièces, ait lu le livre mais, en vrai, ce genre de publicité, pour qu'elle existe, me laisse entrevoir la possibilité d'un ver dans le fruit, de plus j'ai déjà fait l'amère expérience de ce genre de réclame notamment pour un livre dont je ne tairais pas le titre si je ne l'avais pas oublié plébiscité par Fred Vargas (mon idole ! si !) en lettre blanche sur fond rouge masquant la moitié de la couverture, une déception, une tromperie sur la marchandise !

Je me décide à passer outre, on verra.


Ben, c'est vu, j'ai rarement lu un truc pareil : nunuche, dégoulinant de bons sentiments, un condensé de tous les procédés qui ferait presque croire au monde de oui oui si l'histoire ne se déroulait pas au lendemain de la deuxième guerre mondiale, à croire aussi que la reconstruction pourrait se faire avec des lego.

 

Nous sommes donc en juillet 1946, Londres est en ruine et Juliet, chroniqueuse au ton humoristique de la vie londonienne pendant la guerre, cherche un sujet pour un nouveau roman qui la changerait de cette éprouvante expérience. Elle s'en ouvre par courrier à son très cher éditeur Sidney Stark qui, s'il n'était pas homosexuel, serait un mari parfait pour cette chére Juliet (énorme ficelle que les auteures n'ont pas hésité à dérouler jusqu'au bout).

C'est alors qu'elle reçoit une lettre d'un inconnu qui, de gros fils en grosses aiguilles, l'amène à s'intéresser à un groupe de personnes de l'île de Guernesey : le cercle des amateurs d'épluchures de patates, nait sous l'occupation pour échapper au non respect du couvre feu et aux geôles allemandes.

La chef de la bande c'est Elizabeth, l'héroïne qui là où elle passe le mal ne repousse pas, une sainte. Mais la juste justice n'étant pas entièrement de ce monde ni de ce livre (tout de même), elle se fait arrêter et hélas...

m'est avis que sans l'avoir lu, la devinette ne tient pas longtemps quoique ce soit encore celle-ci qui tient le mieux la route.

Bien sûr, elle laisse une toute jeune orpheline élevée par la communauté d'amateurs de patates (un câble!), des amis pour la vie, un sujet en or pour Juliet, la nouvelle insulaire.

 

Pourtant la niaiserie n'était pas gagnée d'avance, le récit de l'île de Guernesey sous l'occupation allemande (ses contraintes comme l'évacuation déchirante des enfants juste avant, son abandon par l'Angleterre, leur condition de survie) ne prédisposait pas d'un manque d'intérêt, et, associé à la forme originale d'échanges de courriers et un ton pour le moins so british comme on aime à se l'imaginer, avait tout pour plaire.


Dommage.


Ou alors le but était de plaire au plus grand nombre ?

En nous prenant pour des imbéciles ?


J'ai des doutes.



"Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", Mary Ann Shaffer et Annie Barrows,NiL éditions, avril 2009 «««««

 

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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Publié le 3 Juin 2009

Après avoir bien pressé le citron de leur édition brochée, Gallimard s'est enfin décidé à publier en poche "L'élégance du hérisson" pour le peu de gens qui ne l'aurait pas encore lu.

Pour ceux, les plus nombreux qui ont depuis belle lurette englouti et bien digéré la syntaxe de Muriel Barbery, il y aura une petite piqure de rappel vers le 3 juillet avec la sortie du film "Le Hérisson", Josiane Balasko interprétant la bête.


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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #sous le sabot d'un cheval

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Publié le 2 Juin 2009

Paul Chavane prend son service à bord du Mistral qui assure la liaison ferroviaire  entre Paris et Nice. Il est chef des serveurs au wagon-restaurant 4 jours par semaine mais ce matin ses pensées sont ailleurs, vers sa femme à qui il a laissé entre deux pages de son livre du moment une lettre de rupture. Lucienne est une femme maussade et sans attrait qu'il n'a jamais vraiment aimé, dont il s'est enfin résous à se séparer.


A Nice, il apprend que son épouse a été victime d'un grave accident, Lucienne est dans le coma.


De retour à Paris, il constate que sa lettre est restée là où il l'avait déposée, non décachetée, l'accident n'a rien à voir avec un geste désespéré, serait d'origine criminelle, d'où va surgir la vie secrète d'une épouse dont les occupations ne se limitaient pas au port d'une robe de chambre peu engageante, d'une cigarette au coin de la bouche ou des sagas qu'elle passait son temps à lire.


 

Un policier très bien mené, basé sur la tromperie des apparences et le ressenti d'un personnage ordinaire qui se révèle à lui-même à mesure que se dévoilent les pans secrets d'une vie qu'il s'était lassé de croire encore plus ordinaire.

Pierre Boileau et Thomas Narcejac nous ménagent un suspens au dénouement inattendu avec le talent qui leur avaient déjà été reconnu avec "Les diaboliques" et "Sueurs froides".


Quant à moi, "Terminus" est une découverte de "Boileau-Narcejac", un nom aux rebonds passéistes, pensais-je, mais dont je ne connaissais rien et dont je suis ravie d'avoir enfin découvert.

"Terminus", Boileau-Narcejac,
 France, première parution 1980 chez Denoël, Folio policier, nouvelle parution février 2009, «««««

 

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Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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