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Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 07:00

  

Cet été, à la recherche d'une lecture qui ne mettrait en aucune façon de sombres pensées entacher mes vacances j'ai suivi la vague d'influence qui portait au dessus de son écume ce livre. L'auteur, une journaliste déjà vue dans une de ces émissions à chroniqueurs du matin, du midi ou du soir de cette chaîne de télévision célèbre pour son cryptage fantasmagorique, semblait apte à remplir les critères de villégiature plus par absence de concurrence que par véritable motivation.

Ceci dit, lire sur les chemins de Compostelle, sujet dont il est question, relevait d'une vieille envie du moment qu'il ne s'agissait pas du plan com de PPDA qui s'imagine, parce qu'il a présenté le 20 heures ?, intéresser les gens (nous, tous !) sur ses pérégrinations.

 

Peut-être m'imaginais-je que lire me dispenserait de marcher ?

 

Quoiqu'il en soit, j'ai suivi Alix les yeux fermés sans une ampoule ni sac à dos, trois fois.

Car il y a plusieurs chemins, le chemin français, le chemin anglais, et d'autres sûrement, mais surtout le vrai voyage, celui qui vous fait partir de votre sweet home jusqu'au Graal. Voir plus, quelques kilomètres plus loin, là où il est d'usage de brûler le fourbi plus très frais du voyage. Comme Alix ne fait pas les choses à moitié, il a bien fallu qu'elle se résolve à se le faire sous peine d'errer à jamais sur les routes de son questionnement intérieur.

Et voilà, le doigt est posé sur La grande question, l'origine du fait, la motivation profonde d'un tel périple pédestre à l'heure des low cost, du tgv et de la prime à la casse automobile. La réponse reste floue, à peine effleurée, on cherche, on suppose, on extrapole puis on oublie. Car il y a du monde sur les chemins pour vous distraire de vous même. De toutes origines. Avec lesquels on fait connaissance, on partage un bout de route et puis un sandwich, un verre. Alix elle s'attache pas mal à ceux qui couronnent une étape par un petit tour au troquet du coin. Chacune d'elle comporte une marche de 5 à 6 heures, seule ou accompagnée, concentrée à ne pas se perdre, à admirer, la visite de l'église estampillée, le tamponnage du carnet de voyage, l'hygiène du corps et du linge, les refuges, le repas du soir. La liste n'est pas exhaustive, c'est selon. Les liens se tissent.

 

La religion n'est pas centrale, la foi est pudique et ne regarde que l'individu pas le lecteur, ça n'empêche pas le respect des édifices, de l'histoire, du symbole dont la signification paraît toute personnelle. Le chemin est intérieur, même si on doit marcher pour tendre vers du meilleur et Compostelle se pose comme un prétexte à se donner la peine de tendre vers une satisfaction, celle d'un acte accompli.

 

Voilà, l'écriture est pleine d'entrain et d'humour, la lecture, l'assurance d'être embarqué dans une belle aventure humaine qu'on est tenté d'exaucer à son tour.

 

« Je pense aussi que nous sommes les rouages d’une horlogerie céleste. En plantant la pointe de nos bâtons dans le sol pour le repousser derrière nous, en file ininterrompue et obstinée, nous les pèlerins de Saint-Jacques, depuis des siècles, nous faisons tourner la terre. »

 

"En avant, route!"  Alix de Saint-André, Gallimard, avril 2010 «««««

  

  

 

 

 

 

 

Par deparlà - Publié dans : les livres de par là - Communauté : Mes livres préférés
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