Bambou, William Boyd

Publié le 4 Mars 2010

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/4/6/3/9782020977364.jpgFinalement, William Boyd est une véritable manufacture !

 

Une usine à lire et à écrire.

 

Dans ce recueil de chroniques écrites pour quelques journaux anglais à l’occasion de la sortie de livres rétrospectifs sur certains auteurs ou peintres suscitant son intérêt, ou pour nous faire partager son engouement pour une ville, un pays, des personnalités artistiques ou des situations, il semble que William Boyd soit curieux de tout.

 

Une usine à lire, à écrire et à ressentir.

 

Le livre est composé de quatre parties.


La première, La littérature, regroupe plusieurs chapitres consacrés à des personnalités du genre comme Gustave Flaubert, Albert Camus, Anton Tchekhov, et autres, tous très captivants et dont les portraits soulignent des particularités souvent mal connues.

Elle traite aussi des genres littéraires comme La nouvelle et une très intéressante réflexion sur le journal intime dont l’intérêt semble moins tenir à son contenu qu’à sa raison d’être.
 

« Quelle est l’étrange séduction du journal intime ? Comment affecte-t-il votre vie ?

Difficile d’arriver à une réponse très concluante, d’expliquer pourquoi un journal est quelque chose qu’il vous faut tenir.

…/…

Il existe plusieurs sortes de journaux intimes : certains écrits avec le regard fixé sur la postérité et d’autres qui n’ont jamais été destinés à être lus que par leur auteur.  Il y a des journaux qui se contentent d’aligner les détails banals et monotones de vies ordinaires et des journaux destinés expressément à fonctionner comme des témoins d’événements capitaux de l’Histoire.

…/…

Mais, enfoui à l’intérieur de ces ambitions et motivations diverses, se trouve un facteur commun à tous ces efforts : le désir d’être honnête, de dire la vérité.

…/…

…nous tenons un journal parce que nous voulons laisser une trace. Comme le prisonnier qui inscrit les jours qui passent sur le mur de sa cellule, ou l’adolescent qui grave des initiales sur le tronc d’un arbre, ou même un animal laissant ses empreintes, l’acte de rédiger un journal paraît dire : j’étais là, voici un peu du récit de mon voyage. »

 

La deuxième partie, allouée aux arts plastiques, s’attarde également sur plusieurs personnages, le trait d’union semblant en être Picasso qui les côtoya pour la plupart, ou les commenta (peu courtoisement souvent).

 

Dans la troisième, William Boyd s’attache aux films et au cinéma. Hormishttp://chambreavecvue.canalblog.com/images/woody_allen.jpg les portraits tout aussi intéressants de Woody Allen et de Charlie Chaplin, qui relèvent de ce qu’on aurait pu oublier à propos de Chaplin, de la madeleine de Proust pour Allen (comme nombre de mes contemporains, WB doit se résoudre à admettre que, bon, oui c’est vrai, WA a été novateur et brillant semble-t-il, mais là c’est fini, il va falloir se faire à l’idée que ça fait plus de 30 ans maintenant et qu’à la longue c’est un peu saoulant la diatribe de Woody, il y a comme un Buzz là !), Boyd s’attarde sur ses expériences cinématographiques en tant que metteur en scène, scénariste et adaptateur de romans pour l’écran. Et là, c’est très intéressant, car on s’aperçoit que de l’autre côté de la lorgnette les impressions sont tout autre, ou dépendent vraiment de chacun.

« Il existe cependant, je crois, une certaine compréhension instinctive de l’altération fondamentale qui se produit dans le passage d’un livre au cinéma – car autrement pourquoi les gens, ayant vu et aimé le film ou la série télévisée, voudraient-ils lire le bouquin ? Toutes les adaptations encouragent vivement la lecture de la source originale, non parce que les gens veulent voir ce qui a été changé ou supprimé, mais parce que le plaisir esthétique est complètement différent. »

En ce qui me concerne, pas du tout. Je ne me souviens pas avoir lu le livre après avoir vu le film. L’inverse, plus souvent et l’adaptation me paraissait assez fidèle au roman, excepté pour « les vestiges du jour » que j’ai lu en mettant les visages d’Emma Thompson et Anthony Hopkins sur les personnages, le film étant sorti, et j’ai été frappé de retrouver exactement l’idée que je m’en étais faite en le lisant sur l’écran de cinéma.

 

Dans la dernière partie de son livre, « Lieux de vie », l’auteur nous livre ses impressions sur la France, l’Angleterre, Paris, Londres, entre autre, des chroniques aux observations remarquables devant lesquelles on ne peut qu’opiner du chef. http://www.cartepostale-ancienne.fr/images/grandes/6479.jpg

 

Voilà donc un livre très plaisant à lire, qui nous éclaire sur plusieurs aspects concernant l’écriture sous toutes ses formes et dont la précision des multiples portraits nous amène à voir sous un autre angle ces personnages dont les noms, pour la plupart, résonnent depuis longtemps à nos oreilles sans avoir suscité plus d’intérêt jusqu’à « Bambou ».

William Boyd est un homme curieux et pointilleux, à la curiosité contagieuse.

"Bambou", William Boyd, Seuil éditions, 2009, «««««

Rédigé par deparlà

Publié dans #les livres de par là

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maggie 21/03/2010 18:59


Je note le titre : j'ai jamais lu cet auteur mais le sujet m'intéresse ! Noté !


deparlà 22/03/2010 18:49


il s'agit ici d'un essai, Boyd est l'auteur de nombreux romans dont "brazzaville plage", "un anglais sous les tropiques", "comme neige au soleil" entre autres


Cécile de Quoide9 06/03/2010 16:48


bizarrement je ne sais pas trop quoi penser après avoir lu ton message sauf queça m'étonnerait que le livre me laisse tiède. Soit j'adorerais soit il me tomberait d'ennui. Difficile à dire 


deparlà 07/03/2010 09:42


ah, j'ai sûrement loupé mon coup, un billet peut-être un peu trop académique dans lequel je n'ai pas su totalement retranscrire la magie de Boyd à nous raconter ses
passions.
Je ne doute pas que tu adorerais.