villa amalia

Publié le 18 Avril 2009

Alors évidemment, impossible de ne pas penser à Isabelle Huppert en lisant l'histoire d'Ann.  Comme elle, Ann est peu expressive, la tristesse, la joie, la compassion semblent n'avoir aucune emprise sur son visage sauf quand les pleurs la surprennent, nous aussi, ... le rire ? En fait elle est toujours triste sous son air impassible, le rire ne manquerait pas de nous saisir tout entier, il ne nous aurait pas échappé. Il faut dire que là, l'histoire ne s'y prête pas.


Et pourtant dans les premières pages on ne se doute pas d'un tel caractère, Ann s'effondre dans les bras d'un camarade de classe bien à tombé alors même qu'elle n'a pas encore eu complètement le temps de réaliser la trahison de son mari qu'elle est venu guetter. Puis pour affronter la réalité, donner libre cour à ses émotions, extérioriser ce qu'elle ne peut pas pleurer, elle décide de tout quitter, son mari, son métier, sa maison et fuir.
Voilà comment Ann s'épanche, elle fuit, elle change d'horizon, de lieux. Elle finit par se réfugier en Italie, sur une île près de Naples, se construit une autre vie, d'autres rencontres, investit une autre maison et retrouve un certain sourire ...

 

Certaines chansons ont le pouvoir de nous laisser les yeux dans le vague, le regard au loin, l'esprit voyageur, l'émotion au bord des larmes. C'est le cas de plusieurs dans le dernier album "Bleu Pétrole" de Bashung ou dans "Pôle Ouest" de Michel Jonasz.
Rarement cette impression d'état vaporeux m'aura été donnée par une lecture. Pascal Quignard semble détenir ce talent, ici la sensibilité affleure malgré la contenance de l'héroïne, tomber, fuir, se reconstruire puis retomber et recommencer, un procédé pas pire qu'un autre, une écriture musicale et juste transcende la tristesse et son ressenti.

 Il nous propose un voyage éthéré avec une femme qui affronte les évènements comme elle peut, comme on ne saurait sans doute pas le faire.

"Villa Amalia", Pascal Quignard,Poche-Folio février 2009, «««««
Villa Amalia, le film de Benoit Jacquot, sortie le 8 avril 2009



Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Cécile+de+Quoi+de+9 21/04/2009 18:11

mais un roman, pourquoi pas essayer...

lechemindeparlà 21/04/2009 18:19


non, là ce n'est pas prétentieux, ni rien de la sorte
c'est aussi l'auteur de "tous les matins du monde" que je n'ai pas lu, juste vu au ciné, c'était pas prétentieux non plus, enfin le film


Cécile+de+Quoi+de+9 21/04/2009 18:10

le traumatisme vient du fait que c'était hyper prétentieux et ennuyeux...

Cécile+de+Quoi+de+9 21/04/2009 03:37

mon unique lecture d'un livre de Quinard (le sexe et l'effroi) fut une expérience quasi traumatisante (et je pèse mes mots et mes maux évidemment) alors j'hésite à retenter même avec un roman

lechemindeparlà 21/04/2009 17:23


Ici, le roman est très émouvant, du genre qui va vous remuer là dedans où on aime que ça reste calme mais bon, j'imagine bien après ton commentaire qu'il peut faire
plus fort.