Ce que le jour doit à la nuit, Yasmina Khadra

Publié le 8 Mars 2009

Ma libraire elle a tout lu de ce qu'elle vend, elle a tout lu de ce que j'ai lu alors évidemment les discussions s'éternisent, évidemment  elle connait un peu mes goûts de lecture. Ma libraire, donc, que je fais mienne étant donné notre connivence apparente,  mes confidences impitoyables sur certains auteurs que je n'aime pas pour de mauvaises raisons sûrement mais dont elle se fout et qui bouscule mes certitudes :

  • - Celui-là vous l'avez lu ? C'est super bien
  • - Ah oui ? C'est pas lui qui pleurait de ne pas avoir reçu le prix Goncourt là et se croit victime d'une conspiration ? (je lance comme ça, sure de rien)
  • - Ah bon, c'est ce que j'ai lu de mieux dernièrement, vous verrez (elle me fait avec son air d'avoir touché le ciel avec ce livre)

Bon, je plie l'échine et me rends à la caisse pas totalement convaincue dans un sens ou dans l'autre.

 

"Alors que Younes n'a que neuf ans, son père, paysan ruiné par un spéculateur autochtone, perd ses terres ancestrales. Accablé, l'homme doit se résoudre à confier son enfant à son frère, un pharmacien parfaitement intégré à la communauté pied-noir d'une petite ville de l'Oranais. Le sacrifice est immense. En abandonnant son fils, l'homme perd du même coup le respect de lui-même.
Mais les yeux bleus de Younes et son physique d'ange l'aident à se faire accepter par cette communauté aisée de province. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi de jeunes colons dont il devient l'inséparable camarade. Il découvre avec eux les joies de l'existence et partage leurs rêves d'adolescents privilégiés que ni la Seconde Guerre Mondiale ni les convulsions d'un nationalisme arabe en pleine expansion ne perturbent. Jusqu'au jour où revient au village Émilie, une jeune fille splendide qui va devenir la vestale de nos jeunes gens. Naîtra ainsi une grande histoire d'amour qui mettra à rude épreuve la complicité fraternelle des quatre garçons, écartelés entre la loyauté, l'égoïsme et la rancune que la guerre d'Indépendance va aggraver.
La révolte algérienne sera, pour Younes-Jonas, sanglante et fratricide. Il refusera de laisser détruire l'amitié exceptionnelle qui l'unit à ces jeunes pieds-noirs ; il ne pourra tourner le dos à cet oncle et à cette tante qui lui ont offert une vie meilleure ; mais jamais il n'acceptera non plus de renoncer aux valeurs inculquées par son père : la fierté, la déférence envers ses ancêtres et les coutumes de son peuple, le respect absolu de la parole donnée, et, ce, quitte à mettre en péril l'amour déchirant qu'il a pour Émilie.
Avec la verve romanesque qu'on lui connaît, Yasmina Khadra éclaire d'un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d'un même pays. La grande originalité de cette saga qui se déroule de 1930 à nos jours repose sur une courageuse défense de cette double culture franco-algérienne que l'Histoire a, de part et d'autre, trop souvent cherché à renier."

 

Alors oui, c'est bien écrit, on peut même aller jusqu'au très bien écrit, mais non il n'y a pas ici d'éclairage nouveau du conflit franco-algérien pour l'indépendance, non plus de courageuse défense de la double culture, enfin rien qu'on aurait lu ailleurs. Le conflit est à peine effleuré, les ¾ du livre repose sur le quotidien de la gente aisée du pays, les coloniaux, sur un  personnage inhibé et rabat-joie voire ennuyeux.

C'est le quart restant qui suscite l'intérêt, la description de l'extrême misère du peuple algérien que l'on n'imaginait pas à ce point, sa fierté bafouée, les laissés pour compte et sans rien, les sacrifiés de la colonisation rendant le conflit inéluctable, et pour le protagoniste un choix à faire comme tout ceux qui se trouvent pris entre deux cultures qui s'affrontent. Enfin, la fierté du père même si elle apparait excessive et désuète a pour fondement l'honneur et reste compréhensible, celle du fils, le Younes-Jonas, semble mal placée et sans discernement.

Enfin, la dernière partie du livre qui vous tire une larme remet les pendules à l'heure, trop tard ?

 

Le meilleur livre de l'année ! Pff, non.

Une lecture basculant dans l'ennui, oui!

Ma libraire et moi on n'est pas arrivé au bout d'un certain recadrage ...



"Ce que le jour doit à la nuit",Yasmina Khadra, Roman, France, Julliard, août 2008 «««««

 

Rédigé par lechemindeparlà

Publié dans #les livres de par là

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Anjelica 29/09/2009 11:30


De cet auteur, j'ai lu 'l'attentat' qui est très marquant. Je ne tenterais pas celui-ci, du moins je ne crois pas...


lechemindeparlà 10/03/2009 14:45

oui, je comprends, pourtant "les hirondelles de Kaboul", "L'attentat" et "les sirènes de Bagdad" ont un succès certain peut-être à tenter en priorité.en ce qui concerne ce livre, petite info :"Alexandre Arcady va adpater « Ce que le jour doit à la nuit » pour le cinéma et la télévision.Le film, dont le tournage commencera début 2010, se fera sur les lieux de l'histoire, à Oran et à Rio Salado (El Maleh).Un budget de 17 millions d'euros a été débloqué pour cette production"

herbertlecanard 10/03/2009 13:53

Houlà, tu ne vas pas tellement me motiver.L'ennui est le pire fléau qui existe !