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C'est d'Olivier de Sanderval dont il s'agit, un homme hors du commun avec une haute opinion de son pays, de son devoir, de sa passion qui s'est nourri tout jeune des récits de
pionnier, un français aventurier altruiste et ambitieux, un inconnu jusqu'à Monénembo qui, avec ce livre, exhume sa mémoire de l'oubli, nous rappelle le Fouta-Djalon en Guinée, les Peuls, la
colonisation.
Depuis tout jeune, influencé par un grand oncle qui lui racontait «les savoureuses aventures des pionniers de la civilisation égarés chez les anthropophages» et par les récits
de voyage au Niger de René Caillé, Aimé Olivier de Sanderval n'a qu'un rêve : un royaume au Fouta-Djalon, parce que le nom lui plait, parce que la France y est absente, parce que la construction
d'un chemin de fer qui traverserait la Guinée jusqu'au Soudan lui tient à cœur, parce qu'il veut devenir roi et qu'il ne doute de rien, ça on le comprend bien au fil des
pages.
Né dans une grande famille d'industriels de Lyon, lui-même ingénieur sorti de l'École centrale de Paris, maire de sa ville et sportif accompli (il a escaladé le mont Blanc),
inventeur de la roue à moyeux suspendus et créateur de la première usine de bicyclettes à Paris, Aimé Olivier Victor (qui fut par la suite nommé vicomte de Sanderval par la cour du
Portugal) avait tout pour mener une vie paisible en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Son devoir de fils accompli il revient à ses premiers rêves et embarque en 1879 sur un
bateau à Marseille direction le Fouta-Djalon.
Il fera en tout 5 voyages en Afrique, sans quinine ni Baygon, sans 4X4 ni Gps, affrontera mille maladies et embûches, côtoiera plusieurs fois la mort, s'accommodera des tergiversations et
filouteries des rois peuls, moins des réticences françaises à son entreprise, jamais il ne succombera au découragement.
Porté par une éducation de références à Rome et à Athènes, ses motivations n'ont pas pour objectif de s'intégrer aux coutumes et mode de vie de ceux qu'il veut conquérir mais d'apporter connaissances et progrès à ces êtres que l'on tient à tort, pense-t-il, à l'écart de toute chance de développer une civilisation à l'égale du continent européen.
La biographie romancée d'Olivier de Sanderval proposé par Tierno Monénembo se distingue par le choix de ce personnage extraordinaire, façonné tout exprès, semble-t-il, pour un destin de pionnier, intangible au doute, inflexible sur ses principes.
La fin du 19ème siècle est une époque où la distinction et la dignité sont d'usage et de mise, les à-priori tenaces, la souveraineté blanche indiscutée,
indiscutable. Sanderval ne se départit pas de ces clichés, mais pas non plus du respect dû à l'autre ni du principe de non violence.
Ce roman repose donc sur l'extraordinaire personnalité du protagoniste, le récit est souvent burlesque et foisonnant, mais on se perd parfois dans l'obscurité de sa
construction comme on chercherait son chemin dans l'épaisseur de cette jungle où un arbre ne ressemble jamais autant à un autre arbre quand on commence à tourner en
rond.
Une lecture pas toujours fluide donc mais très instructive, proche du conte et à la tradition orale des récits africains.
"Le roi de Kahel", Prix Renaudot 2008,
Roman, France, Seuil, mai 2008,
«««««
Le roi de Kahel est très dépaysant et captivant, le style n'y est pas pour rien
Bonjour
Je découvre ton blog grâce à ce livre que je viens de terminer et que j'ai trouvé très instructif sur l'histoire coloniale de la Guinée. C'est un livre passionnant sur un homme passionné. La présentation grandiloquante du personnage principal correspond bien à l'ambiance de cette fin de siècle. J'ai trouvé ce roman assez fiable
Bonne journée