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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 19:00
une  petite danse un samedi soir avant les sloves de la St Valentin :
"c'est beau la bourgeoise", Kylian Mash & Laurent Konrad  
         

Par lechemindeparlà - Publié dans : la musique de par là
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 22:54

 

 

Le brillant avenir d'Elena en Bessarabie puis en Roumanie sous Ceausescu, ce sont d'abord ses parents qui le façonnent par une éducation sévère et des études imposées de physique nucléaire. Puis, lors d'un bal en 1958 où elle rencontre l'homme de sa vie, elle décide de se prendre en main. Jacob est juif, ses parents s'opposent à leur union. Elena l'épouse et s'arrange d'abord des griefs antisémites de mise en Roumanie. Parents d'un petit Alexandru, ils décident de se soustraire au régime communiste et ségrégationniste en fuyant le pays pour émigrer aux États-Unis afin, à leur tour, de réunir toutes les conditions favorables d'un brillant avenir pour leur fils. Mais, comme autrefois Elena, leurs attentes se heurtent aux choix personnels d'Alexandru. Marie, leur belle fille, entre dans leur vie malgré eux. Les tensions se cristallisent,  les éducations s'opposent.

Ce ne sont pas les thèmes traités ici (quotidien dans les pays de l'Est après la guerre, passage à l'Ouest, les conséquences des tensions israélo-palestiniennes en Israël dans les années 60, les tensions belle-mère/belle-fille) qui donnent l'originalité à cet ouvrage mais sa construction. Le récit se décompose en chapitres auxquels correspondent plusieurs années de la vie d'Elena qui ont un ordre propre à lui-même et non chronologique, procédé souvent pénible à lire et qui apporte peu aux histoires sinon à noyer le poisson la plupart du temps. Ici, au contraire, il se découpe comme un puzzle, les pièces aimantées venant s'imbriquer comme sous l'influence de forces issues d'un champ électromagnétique, apportant un rythme propre au récit. Le résultat fonctionne de façon très efficace, la lecture, en plus du style fluide et sobre, en devient obstinée.

Un prix Goncourt des collégiens millésime 2008 en demi-teinte, sa lecture réserve un moment agréable mais il manque comme quelque chose qui la rendrait passionnante, quoi? C'est peut-être bien là que se cache le génie. On est sans doute exigeant quand il s'agit  de lire un livre qui a été couronné par un prix, trop?

"Quand elle rouvre les yeux, il est quatre heures vingt. La pièce est silencieuse. Quelque chose a dû la réveiller La chasse d'eau peut-être. Elle aussi a envie d'aller aux toilettes. Elle a du mal à s'extirper de son lit gonflable au niveau du sol et à se lever. Elle met ses chaussons. En sortant de la salle de bains, elle entre à pas de loup dans la chambre. Les meubles blancs se distinguent nettement dans la pénombre. La température s'est rafraîchie. Jacob a repoussé la couverture et dort découvert. Comme si tous ses maux ne suffisaient pas, il va attraper un rhume. Elle s'approche, attrape la couverture et le recouvre. Il ne peut vraiment rien faire sans elle. Même pas dormir. Elle s'éloigne quand la pensée l'effleure que le visage de Jacob est étonnamment blanc. Elle se retourne brusquement et s'avance vers le lit. Elle pousse un cri.
 Il y a un sac en plastique sur sa tête."
 
"Un brillant avenir", Prix Goncourt des lycéens 2008,
Roman France,
Gallimard, août 2008,  «««««





Par lechemindeparlà - Publié dans : les livres de par là
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 19:54

C'est d'Olivier de Sanderval dont il s'agit, un homme hors du commun avec une haute opinion de son pays, de son devoir, de sa passion qui s'est nourri tout jeune des récits de pionnier, un français aventurier altruiste et ambitieux, un inconnu jusqu'à Monénembo qui, avec ce livre, exhume sa mémoire de l'oubli, nous rappelle le Fouta-Djalon en Guinée, les Peuls, la colonisation.


Depuis tout jeune, influencé par un grand oncle qui lui racontait «les savoureuses aventures des pionniers de la civilisation égarés chez les anthropophages» et par les récits de voyage au Niger de René Caillé, Aimé Olivier de Sanderval n'a qu'un rêve : un royaume au Fouta-Djalon, parce que le nom lui plait, parce que la France y est absente, parce que la construction d'un chemin de fer qui traverserait la Guinée jusqu'au Soudan lui tient à cœur, parce qu'il veut devenir roi et qu'il ne doute de rien, ça on le comprend bien au fil des pages.


Né dans une grande famille d'industriels de Lyon, lui-même ingénieur sorti de l'École centrale de Paris, maire de sa ville et sportif accompli (il a escaladé le mont Blanc), inventeur de la roue à moyeux suspendus et créateur de la première usine de bicyclettes à Paris, Aimé Olivier Victor  (qui fut par la suite nommé vicomte de Sanderval par la cour du Portugal) avait tout pour mener une vie paisible en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Son devoir de fils  accompli il revient à ses premiers rêves et embarque en 1879 sur un bateau à Marseille direction le Fouta-Djalon.
Il fera en tout 5 voyages en Afrique, sans quinine ni Baygon, sans 4X4 ni Gps, affrontera mille maladies et embûches, côtoiera plusieurs fois la mort, s'accommodera des tergiversations et filouteries des rois peuls, moins des réticences françaises à son entreprise,  jamais il ne succombera au découragement.

Porté par une éducation de références à Rome et à Athènes, ses motivations n'ont  pas pour objectif de s'intégrer aux coutumes et mode de vie de ceux qu'il veut conquérir mais d'apporter connaissances et progrès à ces êtres que l'on tient à tort, pense-t-il, à l'écart de toute chance de développer une civilisation à l'égale du continent européen. 

 

La biographie romancée d'Olivier de Sanderval proposé par Tierno Monénembo se distingue par le choix de ce personnage extraordinaire, façonné tout exprès, semble-t-il, pour un destin de pionnier, intangible au doute, inflexible sur ses principes.

La fin du 19ème siècle est une époque où la distinction et la dignité sont d'usage et de mise, les à-priori tenaces, la souveraineté blanche indiscutée, indiscutable. Sanderval ne se départit pas de ces clichés, mais pas non plus du respect dû à l'autre ni du principe de non violence.


Ce roman repose donc sur l'extraordinaire personnalité du protagoniste, le récit est souvent burlesque et foisonnant, mais on se perd parfois dans l'obscurité de sa construction comme on chercherait son chemin dans l'épaisseur de cette jungle où un arbre ne ressemble jamais autant à un autre arbre quand on commence à tourner en rond.

 

Une lecture pas toujours fluide donc mais très instructive,  proche du conte et à la tradition orale des récits africains.

"Le roi de Kahel", Prix Renaudot 2008, Roman, France, Seuil, mai 2008, «««««

Par lechemindeparlà - Publié dans : les livres de par là
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