MUDWOMAN

Publié le 25 Février 2017

Mudwoman de Joyce Carol Oates, éditions Points «««««

 

 

« Nous chérissons plus que tout ces lieux où nous avons été conduits pour mourir mais où nous ne sommes pas morts »

 

Cette citation mise en exergue en quatrième de couverture résume le livre. Car ici et dès le premier chapitre il est question de sacrifier la toute petite Jewell, de la jeter dans les marais, qu’elle se noie dans la boue, par sa mère. Et ces lieux, ce geste, consciemment ou non, vont finir par la hanter quoiqu’elle ait entrepris pour refouler cet évènement.

Ah oui, pour peu que l’on fasse connaissance avec JCO avec ce livre et bien c’est chaud pour poursuivre, enfin à mon avis.

 

Je persévère, je n’en suis pas à mon premier, après Blonde, Hudson River ou Mère Disparue je connais l’étrangeté de l’auteur, sa vision sombre du monde, de ses congénères, son écriture vertigineuse.

 

Donc Jewell/Mudgirl est placée en famille d’accueil puis adoptée. Elle grandit, excelle dans ses études et sa profession pour briguer le poste prestigieux de présidente d’université sous les noms de MR/Meredith/Mudwoman. L’excellence comme une fuite en avant pour réussir au-delà d’une vie normale, au-delà d’un état de survie qui lui était destiné. MR se construit dans la réussite sociale, dans la maîtrise des codes sociaux, se voue corps et âmes dans ce qu’il faut être et paraître pour mener à bien son objectif, et annihile toute vision d’épanouissement privé. Comment pourrait-elle susciter l’amour de quelqu’un, elle que sa mère a rejetée ?

 

L’auteur décrit au plus près l’état psychique de son personnage, décortique finement la succession d’incidents psychologiques qui la submergent, nous entraine avec elle par le fond. C’est une lecture éprouvante et qui patine parfois il faut bien le reconnaître, mais l’écriture de JCO reste forte et s’impose pour nous emmener vers l’aboutissement.

Il n’en demeure pas moins que la lecture de Mudwoman fut pour moi un peu laborieuse.

 

De quoi réfléchir :

 

« Être au monde. Soit vous pensiez que vous en aviez le droit, soit vous ne l’aviez pas. »

 

« - Mais survivre à n’importe quel prix en vaut-il la peine ?

   - Il faut survivre pour poser une question pareille. Le minimum de la vie est la vie elle-même. »

 

 

NB : Sachant que JCO est professeur en université, j’imagine un peu la tête de ses confrères quand elle décrit durement et sans concession ce petit monde fait de fortes personnalités, de lutte et d’influences, une jungle aux bonnes manières !

Vous pouvez découvrir un entretien donné par JCO à Télérama lors de la parution du livre ici.

 

Rédigé par deparlà

Publié dans #les livres de par là

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